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Testez votre motivation pour arrêter de fumer?

Il faut dire que la France ne mégote pas sur la fumette. Nous sommes les premiers usagers de marijuana au sein de l’Europe des Vingt-Sept avec 1,5 million de consommateurs occasionnels, suivis des Tchèques et des Britanniques. Et, à en croire les conférenciers, les Français feraient aussi partie des plus mal informés sur ses méfaits. Surtout les jeunes. «Alors qu’en Suède, de la maternelle à l’enseignement supérieur, les élèves reçoivent quarante heures de formation sur la drogue», s’insurge Jean Constentin, professeur de pharmacologie et membre de l’Académie de médecine et de pharmacie. Et de citer les chiffres de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies : 20 % des garçons et 7 % des filles âgés de 18 ans font un usage régulier du cannabis.
Cerveau
Jean Constentin n’hésite pas à comparer la substance du cannabis, le fameux THC (tétrahydrocannabinol), à celles de l’héroïne et de la cocaïne. Selon lui, le THC se fixe sur les récepteurs du cerveau 100 000 fois plus que l’héroïne et 10 000 fois plus que la cocaïne. «Un joint c’est une semaine dans la tête», résume-t-il. A partir de trois joints hebdomadaires, l’amateur de chanvre est considéré comme un fumeur régulier.

Et plus le consommateur est jeune, plus l’effet d’addiction sera rapide car son cerveau n’est pas encore à maturité, enfonce le pharmacologue.
Selon une étude néo-zélandaise parue en 2002 dans le British Medical Journal, si un jeune commence à fumer entre 12 et 15 ans, il aurait 10 fois plus de risque de présenter des symptômes de schizophrénie que les non-fumeurs. Ces statistiques ont eu leur petit effet sur l’assistance, dont une poignée d’enfants seulement. «J’ai 48 ans. Pendant vingt-cinq ans, j’ai cru que le cannabis ce n’était pas bien mais pas dangereux, explique, effarée, cette mère de deux fils de 11 et 14 ans. Contrairement à la cocaïne et l’héroïne, on ne sait pas que l’on commet un acte dangereux en fumant».
Dialogue ferme
Alors, l’herbe : tu y es venu,t’es foutu ? Le pédopsychiatre, Philippe Nuss nuance les propos inquiétant du Dr Jean Constentin. «Pour les parents, jouer la dramatisation ne sert à rien car l’enfant n’a pas ce sentiment. Pour lui, fumer du cannabis, c’est d’abord avoir le sentiment d’appartenir au groupe des jeunes, des gens cools». S’il affirme que les adultes doivent avoir un dialogue ferme sur les dangers du cannabis, le ton doit rester «chaleureux». Bad trip, démotivation, baisse des résultats scolaires, etc. «Il faut amener le jeune à identifier par lui-même les moments où le cannabis ne l’a pas aidé dans la vie», préconise le spécialiste des enfants. Bref, de l’information, mais on évite les coups de bâton contre le chichon.
Les méfaits du cannabis sur l'ADN
Fumer de la marijuana modifie le code génétique et augmente les risques de cancer
Une nouvelle étude menée par le Dr Rajinder Singh de l’Université de Leicester, en Angleterre, démontre que fumer du cannabis modifie le bagage génétique et augmente ainsi les risques de cancer.
Selon les chercheurs, la fumée de marijuana contient 50 % plus d’éléments cancérigènes que celle de la cigarette.
« Fumer trois à quatre joints quotidiennement entraîne les mêmes dégâts au niveau des membranes muqueuses des bronches que de fumer 20 cigarettes par jour », ont annoncé les auteurs de cette étude dont tous les détails se retrouvent dans la revue Chemical Research in Toxicology.
« Nos résultats prouvent que l’ADN peut être endommagé par la fumée de marijuana et la consommation de cannabis peut affecter la santé et potentiellement causer le cancer », ont-ils conclu.
Le devenir du cannabis dans le corps
Une fois inhalé, le THC pénètre dans le sang très rapidement (en moins de dix minutes). Du fait de son affinité pour les graisses, il se fixe dans les tissus riches en lipides, c’est-à-dire principalement le cerveau. Il peut également passer dans le lait maternel et dans le placenta. L’élimination totale du THC de l’organisme pouvant durer de deux à trois semaines, une consommation fréquente de cannabis entraîne donc une accumulation de THC dans le cerveau. Mais, contrairement à l’héroïne, qui agit sur les centres respiratoires, ou à la cocaïne, qui modifie les fonctions cardio-vasculaires, le THC n’intervient pas sur les fonctions vitales. À ce jour, aucun décès lié à une intoxication au cannabis n’a été recensé.
Le mode d’action du cannabis sur le cerveau
Depuis le début des années 90, on sait, par des études menées chez l'animal, que le principe actif du cannabis (le THC) se fixe sur des récepteurs spécifiques situés principalement dans le cerveau.
Normalement, ces récepteurs reçoivent des molécules* produites par notre organisme. Ils n'ont en effet pas été créés pour fixer une substance synthétisée par une plante ! Ces molécules participent à la régulation de l'humeur, de la mémoire, de l'appétit, de la douleur, des émotions… Lorsqu'on introduit du cannabis dans l'organisme, son produit actif peut donc perturber toutes ces fonctions.

Actuellement, des recherches sont en cours pour tenter de mieux comprendre comment le THC et les substances cannabinoïdes produites par notre organisme interagissent.
* anandamide et 2-arachidonoylglycérol
La libération de dopamine
Comme d'autres drogues (cocaïne, héroïne, ecstasy… mais aussi tabac et alcool), le cannabis entraîne la libération dans le cerveau d'un neurotransmetteur*, la dopamine, selon un mécanisme encore à l'étude. Cette libération, dont l'effet est d'activer un ensemble de structures cérébrales – formant le circuit dit de « récompense » qui procure le plaisir –, reste faible dans le cas du cannabis.

Contrairement à l'ecstasy, le cannabis ne détruit pas les cellules nerveuses. À ce titre, il n'est pas considéré comme « neurotoxique », même s'il peut affecter le fonctionnement de ces cellules.
* substance chimique qui relaie l'information d'un neurone à l'autre

http://www.stop-cannabis.ch/fr