Une nouvelle étude menée par le Dr Rajinder Singh de l’Université de Leicester, en Angleterre, démontre que fumer du cannabis modifie le bagage génétique et augmente ainsi les risques de cancer.
Selon les chercheurs, la fumée de marijuana contient 50 % plus d’éléments cancérigènes que celle de la cigarette.
« Fumer trois à quatre joints quotidiennement entraîne les mêmes dégâts au niveau des membranes muqueuses des bronches que de fumer 20 cigarettes par jour », ont annoncé les auteurs de cette étude dont tous les détails se retrouvent dans la revue Chemical Research in Toxicology.
« Nos résultats prouvent que l’ADN peut être endommagé par la fumée de marijuana et la consommation de cannabis peut affecter la santé et potentiellement causer le cancer », ont-ils conclu.
Le devenir du cannabis dans le corps
Une fois inhalé, le THC pénètre dans le sang très rapidement (en moins de dix minutes). Du fait de son affinité pour les graisses, il se fixe dans les tissus riches en lipides, c’est-à-dire principalement le cerveau. Il peut également passer dans le lait maternel et dans le placenta. L’élimination totale du THC de l’organisme pouvant durer de deux à trois semaines, une consommation fréquente de cannabis entraîne donc une accumulation de THC dans le cerveau. Mais, contrairement à l’héroïne, qui agit sur les centres respiratoires, ou à la cocaïne, qui modifie les fonctions cardio-vasculaires, le THC n’intervient pas sur les fonctions vitales. À ce jour, aucun décès lié à une intoxication au cannabis n’a été recensé.
Le mode d’action du cannabis sur le cerveau
Depuis le début des années 90, on sait, par des études menées chez l'animal, que le principe actif du cannabis (le THC) se fixe sur des récepteurs spécifiques situés principalement dans le cerveau.
Normalement, ces récepteurs reçoivent des molécules* produites par notre organisme. Ils n'ont en effet pas été créés pour fixer une substance synthétisée par une plante ! Ces molécules participent à la régulation de l'humeur, de la mémoire, de l'appétit, de la douleur, des émotions… Lorsqu'on introduit du cannabis dans l'organisme, son produit actif peut donc perturber toutes ces fonctions.
Actuellement, des recherches sont en cours pour tenter de mieux comprendre comment le THC et les substances cannabinoïdes produites par notre organisme interagissent.
* anandamide et 2-arachidonoylglycérol
La libération de dopamine
Comme d'autres drogues (cocaïne, héroïne, ecstasy… mais aussi tabac et alcool), le cannabis entraîne la libération dans le cerveau d'un neurotransmetteur*, la dopamine, selon un mécanisme encore à l'étude. Cette libération, dont l'effet est d'activer un ensemble de structures cérébrales – formant le circuit dit de « récompense » qui procure le plaisir –, reste faible dans le cas du cannabis.
Contrairement à l'ecstasy, le cannabis ne détruit pas les cellules nerveuses. À ce titre, il n'est pas considéré comme « neurotoxique », même s'il peut affecter le fonctionnement de ces cellules.
* substance chimique qui relaie l'information d'un neurone à l'autre








